Ce semi-clodo alcoolique, bagarreur, fêtard, lubrique, cynique, et néanmoins humain, c’est Charles Bukowski, alias Hank Chinaski, son avatar littéraire. Le romancier des petits matins blêmes, des cuites au bourbon bon marché, des bars glauques, des amoureuses cintrées, des gueules de bois au goût de cendre et aux odeurs de chair sale.
C’est aussi un grand romancier Pilule Rouge, posant sur l’existence, sur les choses, sur les hommes et les femmes, un regard sans illusion mais non sans tendresse. Grossier, mais jamais vulgaire, son outrecuidance était une carapace à sa délicatesse et sa pudeur, étant entendu qu’il pouvait probablement être très chiant quand il tenait une bonne, c’est à dire assez souvent.
Mais on pardonne tout à Buko, le papy déglingué qu’on rêve tous d’avoir. Le Postier est son premier roman publié, et le récit de son itinéraire de plus de douze ans dans les jobs les moins reluisants de la Poste californienne. Un roman court, efficace, touchant, terriblement actuel, facile à lire, et sans doute l’une des plus belles autobiographies du siècle dernier.
► Le reportage dans lequel on voit Bukowski dans son quotidien est visible ici
► Factotum, le film retraçant la jeunesse de Bukowski, une réussite ! (trailer)



